Le ministre à Kuala Lumpur pour diversifier les partenariats

Deuxième étape en Asie du Sud-Est : Kuala Lumpur. La Malaisie s’affirme comme un acteur incontournable dans un contexte marqué par la recomposition des équilibres internationaux, la montée des tensions géopolitiques et commerciales, ainsi que la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement.

Lors de mon intervention à l’Asia-Pacific Roundtable, organisée par l’Institute of Strategic and International Studies (ISIS Malaysia), l’un des principaux groupes de réflexion stratégique de la région, j’ai souligné l’importance du multilatéralisme, d’un ordre mondial fondé sur des règles et du renforcement des liens entre l’Asie et l’Union européenne, à l’heure où les dynamiques géopolitiques évoluent rapidement. Plus que jamais, l’Indo-Pacifique et l’Europe doivent renforcer leur coopération et s’affirmer comme des partenaires fiables et engagés sur le long terme.

J’ai également eu l’occasion de rencontrer le vice-Premier ministre Haji Fadillah Yusof ainsi que des représentants du ministère malaisien des Affaires étrangères. J’ai par ailleurs été reçu par le sultan du Perak, Son Altesse Royale Nazrin Muizzuddin Shah, dans un État où plusieurs entreprises belges sont déjà actives. Le commerce, les investissements, l’énergie durable, la situation régionale et l’accès aux matières premières critiques ont été au cœur de nos discussions.

Je me suis aussi intéressé au projet LuMIC (Lumut Maritime Industrial City), une initiative phare de la stratégie européenne Global Gateway, qui vise à développer des infrastructures durables à l’échelle mondiale. Porté par une coentreprise entre le Port d’Anvers-Bruges et l’État malaisien du Perak, ce projet met l’expertise portuaire belge au cœur de l’un des corridors maritimes les plus fréquentés au monde.

J’ai également visité les installations de Materialise, spécialisée dans l’impression 3D pour le secteur médical (reconstruction faciale, prothèses, etc.), d’ADB Safegate, entreprise belge et leader mondial de la sécurité aéroportuaire, ainsi que de la filiale asiatique de Larian Studios, acteur majeur de la création numérique et du jeu vidéo. Ces trois entreprises illustrent la diversité de la présence belge et l’étendue de notre savoir-faire en Malaisie.

J’ai aussi eu le plaisir d’échanger avec la communauté belge particulièrement dynamique installée dans le pays, ainsi qu’avec plusieurs représentants de la société civile.

La Malaisie dispose par ailleurs d’importantes réserves de terres rares. Ces métaux sont indispensables à la fabrication de voitures électriques, d’éoliennes, d’équipements électroniques et de matériel de défense. Leur extraction et leur transformation sont aujourd’hui largement concentrées en Chine, ce qui rend l’industrie européenne fortement dépendante de ce pays. D’où l’importance, pour la Belgique, de diversifier ses partenariats économiques. La coopération entre nos deux pays, déjà illustrée par la présence de Solvay, pourrait renforcer la résilience européenne, sécuriser les chaînes d’approvisionnement de nos industries et créer de nouvelles opportunités pour les entreprises belges.